Faut qu’j’travaille, mais j’veux pas qu’on m’pousse, non non…

Après seulement 3 jours de présence sur le territoire américain, vous étiez déjà nombreux à me demander si j’avais trouvé du travail. -_-

La dure réalité des choses

Nous sommes presque 2 mois plus tard et ma réponse est toujours la même : NON! Ooooh la la laaah!

A ma grande déception, New York, ce n’est vraiment pas comme dans les films ou les séries TV. Personne n’est encore venu me proposer un job en or just because. Personne n’a encore vu en moi que j’étais pleine de ressources, que j’avais un potentiel inouï,  que je suis absolument géniale…

(Là tout de suite, il est 00:50 et il y a une fille qui crie dans le parking en bas de l’immeuble. Je suis au 15ème étage et je l’entends comme si j’étais au rdc. Elle dit “AAAhhh leave me alone!”. Je me demande si je devrais jeter un coup d’oeil par la fenêtre et m’assurer qu’elle n’est pas en train de se faire tuer. “Aaaaaah, leave me! Leave me! Leave meeeeeeeeeeeeh”)

Enfin. Revenons en à nos moutons. Je disais donc que jusqu’à présent, toutes les personnes que j’ai rencontrées et à qui j’ai fait savoir que je recherchais un emploi se sont contentées de hocher la tête en disant “Oh ok” après m’avoir demandé dans quel domaine se dirigeaient mes recherches.

D’autres, plein d’enthousiasme et de bonne volonté envers la petite Française fraîchement débarquée que je suis, ont tout de suite voulu m’aider en jouant les conseillers d’orientation. En règle générale, ceux-là ne m’ont demandé à aucun moment ce que JE VOULAIS faire mais m’ont tout de suite dit ce que JE DEVRAIS FAIRE…: barista chez Starbucks (“Starbucks gives you alot of benefits”), caissière dans un department store, vendeuse en magasin de chaussures, une formation dans le médical, nanny, réceptionniste dans un hôtel… -_-

Ne vous méprenez pas, je respecte chacun de ces métiers et je suis reconnaissante envers la bienveillance des personnes qui ont essayé de me conseiller mais vraiment, j’ai eu mon lot de petits jobs alimentaires et tafs cul-de-sac en France. Si je dois encore jobber pour des pacotilles et être malheureuse 😦 tous les matins à chaque fois que la sonnerie du réveil retentit, autant l’être auprès des miens… en France!

(Ah, maintenant elle “clap clap” ses mains comme font les ricaines ici avec une moue sur le visage quand elles disent quelque chose qu’elles pensent être intelligent, malin. Elle dit “get the fuck outta here!”. Donc, non, ces jours ne sont pas en danger.)

Malgré la crise, je crois encore dur comme fer à mes rêves, pour ne pas dire mon rêve américain. Quelle que soit le sol que je foulerai désormais et pour le prochain quart de siècle, chacun de mes choix sera stratégique et je réaliserai… mes rêves ainsi!

Entretiens, entretiens… premier job!

Bon, ce n’est pas pour autant que j’ai chômé jusqu’à présent. Mes recherches d’emploi sont plus ou moins intenses, en fonction des jours, des semaines, de mon humeur, de la tranquillité que je peux obtenir de mon environnement. Je vous avoue que j’aurais pu faire mieux. Peut-être devrais-je me bouger un peu plus, rechercher de façon plus audacieuse?

J’ai passé des entretiens qui se sont révélés êtres des échecs (non pas vraiment, mais de bons entraînements oui),

  • chez Urban Outfitters pour avoir 40% de réduc pour être vendeuse en CDD
  • dans une boîte dans le New Jersey pour un centre d’appels. Le recruteur faisait tout pour me convaincre et honnêtement, rien que l’attente dans la salle de pause m’avait aidée à me faire une idée du job. No No. Que des ploucs! (J’respecte le hustle des ploucs , mais je vole avec les aigles moi! *Booba’s voice*)
et d’autres entretiens qui peut-être mèneront à quelque chose…

Ah ces hommes…

Parmi les bienfaiteurs qui ont couru à mon secours, un monsieur que j’avais cru charmant et trouvé amical jusqu’à découvrir ses vraies intentions. Il est le pote de mon hôte ici à NYC. Il vient souvent à la maison et m’avait même sortie à une occasion. Nous étions allés au Sullivan Hall un soir. Très naze.

Monsieur bienfaiteur m’a mise en relation avec une charmante dame qui travaille chez Macy’s (Macy’s, vous connaissez! Non? Google!) le mois dernier afin de travailler dans la vente de parfums pour les périodes de fêtes de fin d’année. Honnêtement, je n’étais pas très emballée mais bon puisque c’était temporaire, pourquoi pas?

Ce monsieur m’expliqua donc qu’il avait une amie qui travaillait dans le magasin qui se situe à 2 blocks d’où je vis et qu’elle pourrait m’y trouver une petite place. Il m’appela donc un matin et m’annonça que j’avais rendez-vous l’après-midi même avec le manager pour un entretien.

Je me rendis donc à cet entretien (très informel) et fis la rencontre de Mme K., l’amie du monsieur bienfaiteur en question. Elle me présenta à son manager. Après une demi heure de blablabla sur un banc du mall, le manager me demanda si un salaire de $18/heure me convenait. Hell yeah (1h après l’entretien, je doutai et je me demandai si j’avais bien entendu $18 ou $8, le stress, jusqu’à il y a quelques jours où j’ai reçu mon chèque :)). J’acceptai. Elle me donna un emploi du temps. Je commençais 3 jours plus tard.

A la fin de l’entretien, Mme K. me demanda si je savais qui elle était. Un peu confuse, je lui répondis que non, et que je ne connaissais que son prénom. Elle me demanda comment j’avais connu monsieur le bienfaiteur. Je lui expliquai qu’il était l’ami de mon hôte. Mme K. me dit enfin qu’elle était l’épouse de monsieur bienfaiteur, his better half. Haaan!

Entendez ma stupéfaction! Pourquoi avait-il omis de me dire qu’elle était sa femme? Pire, “amie” serait-il le nouveau synonyme de “femme”? Je ne dis rien. Après tout, ce n’était pas mon problème mais je me méfiais à présent du bienfaiteur…

Le matin de mon premier jour de travail, je reçus un sms de sa part dans lequel il me demandait si j’étais prête. Il me précisait également que je ne devais pas oublier que Mme K. et lui étaient très proches et qu’elle pouvait se montrer très possessive parfois, et que je ne devais donc jamais parler de lui, ni de rien d’ailleurs. Ooooh colèèère! Il faisait sûrement allusion à notre sortie au Sullivan Room où il avait été un peu trop tactile à mon goût… (J’ai 25 ans, je n’ai pas besoin qu’on essaie de me prendre la main pour traverser la rue. Et puis au Sullivan, il n’arrêtait pas de venir passer sa vilaine main dans mon dos alors que je me réfugiais au bar, seule, et que je guettais de loin l’homme de ma vie qui venait de rentrer dans la salle… Ouh, celui-la, je vous en parle même pas! Magnifique. Bref.)

Je me suis sentie un peu insultée. Pour qui me prenait-il? Et surtout que croyait-il qu’il y avait à raconter?! Je lui répondis “Bien sûr, c’est ta femme!”. Plus de réponse de sa part.

J’ai passé les 10 jours suivants à travailler avec sa femme qui ne cessait de vanter ses mérites, de dire combien elle était heureuse en ménage et chanceuse d’avoir un homme comme le sien. Hum.

J’ai travaillé chez Macy’s

Quant au job lui-même, j’ai travaillé 10 jours non-stop en tant que “vendor”. Vous voyez les hôtesses habillées tout en noir chez Séphora et qui vous interpellent pour que vous sentiez le parfum qu’elles ont dans les mains… et bien imaginez moi ainsi avec un parfum de vieille qui pue dans la main droite, prête à pulvériser tous ces moutons de consommateurs! Blah, blah, blah!

Le premier jour était affreux. Ma collègue latina ne comprenait rien à ce que je disais et c’était réciproque. Elle me demandait tout le temps “What language you speak again? You speak Italian?” . Je ne comprenais rien à l’organisation et au processus de vente. Chez Macy’s, il y a les vendeurs qui s’égosillent et il y a les caissiers qui sont payés à la commission et s’arrachent donc les ventes.

Au troisième jour, j’étais malade. L’air conditionné eut raison de moi.

Au 5ème jour, je maîtrisais déjà un peu plus mon sujet. Je faisais de bonnes ventes mais je perdais déjà ma voix à crier “Donnaaaa Karan, Cashmere Mist!! Would you like to tryyyy?!”. Porter du noir tous les jours commençait à me déprimer. Mon corps ne répondait plus. La fatigue m’empêchait de répondre à vos emails, vos messages Whatsapp, vos DM, vos inbox Facebook…

Et puis mes seules distractions étaient les beaux-gosses qui venaient chercher un parfum pour leur maman ou leur petit-amie (je suis d’ailleurs tomber amoureuse 2 ou 3 fois), certains collègues pour qui je n’étais pas invisible et puis… Mister Flower Bomb.

La majorité de mes “collègues”, ou du moins des autres vendors qui travaillaient pour le compte d’autres sociétés, étaient des petites bombasses latinas. J’ai pensé très fort à tous mes potes parisiens amateurs de boulards et d’accents caliente! 😉

Etant donné qu’on s’arrachait tous les clients, il y avait comme de la compétition dans l’air. Du coup, elles s’en fichaient pas mal de la grande renoie arrivée après tout le monde.

J’ai quand même eu l’occasion de rire et discuter avec certains. Une collègue chilienne me demanda au cours d’une discussion “Which country are you from you said? Are you from France or from Europe?”…

Un jour, je faisais connaissance avec un autre vendor d’origine indienne. Je comprenais difficilement ce qu’il me racontait entre deux “Light bluuuue, light bluuuue, Dolce & Gabbana, Light bluuuue”. Il avait une voix grinçante, c’était horrible. Et puis, il avait une denture (oui, on dit denture et pas dentition là) trop bizarre, elle était oblique. Bon, c’était pas un homme très charmant mais bon… J’essayais donc d’alimenter la conversation et je lui demandai ce qu’il comptait faire après les fêtes, après la fin de son contrat. Je m’attendais sincèrement à ce qu’il me dise “Chercher un autre job” ou je sais pas moi “Retourner à l’école”… Non, il me dit “Make love all day long with my girlfriend, sleep, eat and make love again”. Gag reflex, Gag reflex, Gag reflex. Il me dit ça avec un sourire de délectation, je crois même avoir vu un peu de bave au creux de ses lèvres. Raaah touh! Stahfoullah!

Pendant ces 10 jours, j’ai aussi rencontré Mr Flower Bomb. C’est un  vendor qui s’est lui-même baptisé ainsi puisqu’il vendait entre autres le parfum Flower Bomb. C’est un gars mignon, un peu filou qui m’a dragounée tout le temps que j’ai passé chez Macy’s. Mr Flower Bomb, il ressemble à Diddy en version mignonne et avec un bidon un peu rond mais il compense avec ses larges épaules. Ah ah ah, celui-la il parlait toujours trop vite et je lui répétais tout le temps que je ne pigeais rien, que j’étais Française, moi!

Mr Flower Bomb me présentait aux clients comme étant sa femme, “Miss, my wife is going to help you”.  Ah ces cainris, de beaux parleurs!

Il était un peu insistant Mr Flower Bomb avec ses regards langoureux à chaque fois qu’il passait devant moi. Mais il portait si bien le costard…

Il était pas bien grand Mr Flower Bomb. Mais ces petits bouclettes étaient si mimi…

Mr Flower Bomb a réussi à obtenir mon numéro de téléphone. 🙂

La suite au prochain épisode! Vous saurez tout tout tout sur… “Et les amouuurs?”.

 

.Brooklynister

Advertisements

2 thoughts on “Faut qu’j’travaille, mais j’veux pas qu’on m’pousse, non non…

  1. Hello!

    Je vais suivre ton nv blog avec intérêt!
    J’aime bcp ton article sur la Dv Lottery, je fais parti de ces personnes qui ont cette volonté de quitter la France pour l’Outre-manche et ton histoire laisse entendre que c’est possible, qu’il ne faut pas cesser d’y croire et que la patience paye!

    Hâte de savoir ce qu’il en découle de tes amours^^

    Bises!

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s