Boyz, Boyz, Boyz

En venant à New York, je mettais tout espoir de me poser avec quelqu’un de côté. Le prix pour vivre dans une grande ville magique comme la Grosse Pomme, je dirais même LA grande ville magique, est d’accepter la solitude.

On rencontre un tas de personnes, on se fait arrêter dans la rue par des inconnus qui vous félicitent pour tout et n’importe quoi, vous complimentent pour vos chaussures, vos cheveux, etc.

Les hommes, surtout les Noirs et les Hispaniques (puisque je suis un peu invisible aux yeux des autres), n’ont pas de difficulté à vous accoster, vous faire la court, vous draguer.

Mais tout ça ne semble être qu’un jeu.

J’ai l’impression, peut-être fausse et je l’espère, que les relations sérieuses, durables et sincères sont une chose rare à New York. Je ne me lancerai pas dans une étude sociologique mais dire que les nombreuses tentations, le côté speed et l’anonymat en sont les principales causes ne serait pas totalement faux.

Je vous le disais dans un article précédent, un soir d’ennui où j’étais chez mon cousin à Baltimore dans le Maryland, j’ai décidé de m’inscrire sur un site de rencontres. Je n’étais et ne suis toujours pas à la recherche de l’amour, non, mais je le faisais un peu par curiosité et puis parce que je crois aux bonnes surprises.

Avant de quitter Paris, je travaillais pour le premier site de rencontres en Europe… J’ai été en contact avec pas mal de personnes qui ont trouvé le grand amour sur le net, beaucoup de tocards aussi, beaucoup beaucoup de tocards.

Alors, j’ai pensé « si moi qui suis une personne plutôt dans la norme, pas trop moche et pas trop bête me retrouve sur un site de rencontres, pourquoi n’y trouverais-je pas d’autres personnes normales, au moins ? ».

Deux trois photos téléchargées, un questionnaire rempli et une description rédigée et j’étais prête à aller à la pêche. En effet, le nom du site américain sur lequel je me retrouvais se traduirait en français par « Plein de poissons ».

Vous n’imaginerez pas le nombre de tocards, de nases, de beaufs dont j’ai vu les photos, la quantité de messages absolument pourris que j’ai reçus : « Hey! » « Hey what’s up? » « Hey beautiful ».

Je ne désespérais pas. J’ai échangé des messages avec quelques-uns. Il y en a trois en particulier qui m’ont marquée et dont je vais vous parler.

Mais avant, des nouvelles de notre Mr Flower Bomb international. Rien que de penser à lui, j’ai envie de rire! Bon, sachez que cet article est également sont enterrement. On l’enterre. On l’oublie. Il a que de la gueule comme on dit du côté de Paname. Il m’envoie des messages de temps à autres pour me rappeler qu’un jour « je lui appartiendrai », et puis c’est tout. Mon pouce ne mérite même que j’épuise 1% de son énergie pour répondre à ces textos.

Sur mon site plein de poissons souvent plus pourris et puants que frais, seuls trois jeunes hommes ont pu obtenir mon numéro ou mon id Skype.

Commençons par Jérôme, puisque c’est celui qui n’avait vraiment rien de spécial. Tout d’abord, il n’avait qu’une photo de profil et ça c’est de la triche. Pire encore, sur la photo il avait vissé sa snapback si bas qu’on ne voyait pas ses yeux. Sa description ne contenait pas de fautes et j’aimais bien la chemise à carreaux qu’il avait, donc bon, j’ai répondu à son premier message. Il m’a ensuite envoyé un autre message dans lequel il avait attaché une photo. Bon… il avait des yeux un peu globuleux mais il était plutôt mignon. On s’est écrit, on a échangé nos numéros. Il m’envoyait des sms, je lui mettais beaucoup de vents… Et puis il a commencé à vouloir me téléphoner. J’avais pas envie de lui parler moi, et pas forcément le temps. A l’époque, je recherchais du travail à fond pendant la journée et je lui ai donc suggéré de m’appeler plutôt dans la soirée. Mais Jérôme ne pouvait pas, ne voulait pas… Hum, et c’est là que mon intuition féminine m’a tapotée l’épaule. C’est ce qu’elle fait en général pour me signaler une alerte au mytho.

Plusieurs petites choses m’ont fait penser que Jérôme, le mec plat aux yeux globuleux, devait avoir quelqu’un dans sa vie. Il gardait trop d’infos pour lui et il lui était impossible d’être au téléphone le soir… Come on man… AU SUIVANT.

Le suivant justement… Mr Darkness. C’est lui qui avait fait le premier pas en m’envoyant un message. J’ai hésité à lui répondre parce qu’il était jeune, 22 ans. Et puis mon petit côté cougar précoce a pris le dessus. Mr Darkness parlait le français, c’était génial. D’origine burkinabée, il a débarqué en Amérique pour ses études. Mr Darkness est un athlète, une star de la piste. Il a une petite tête ronde et les dents du bonheur. J’aime bien les dents du bonheur. Mais surtout, il mesure 2m06. Et, moi je trouve que plus c’est long, plus c’est bon. Ah ah.

Mr Darkness a une peau couleur ébène, si noire. La première (et dernière) fois que j’ai parlé avec lui sur Skype, j’ai eu beaucoup de mal à distinguer les traits de son visage. Le contraste avec le mur blanc derrière lui n’aidait pas! En revanche, son accent, lui, était très bien prononcé. Il a sorti deux trois phrases de blédards, notamment qu’il allait marier la copine que j’avais à mes côtés ce jour là à un de ses copains.

Bon, je n’ai vraiment rien contre les blédards mais, Mr Darkness avait perdu beaucoup du charme que je lui avais trouvé ou plutôt que j’imaginais entre les lignes de ses messages et de ses sms.

Et puis un jour, j’étais au téléphone et je n’ai pas pu répondre rapidement à un message qu’il venait de m’envoyer sur Skype. Impatient, Mr Darkness me l’a reproché. Et lorsque je lui ai expliqué que j’étais occupée au téléphone, il m’a demandé « Avec qui? ». Qui pose ce genre de question à une inconnue?! Bon bah, la petite sauvageonne en moi s’est permise de le remettre à sa place, gentiment (siii, je vous jure! Gentiment.:))

Ça n’a pas plus à Mr Darkness. Il s’est barré et ne m’a plus jamais recontactée. Ouch.

Last but not least… Mr D…. J’ai envie de commencer mon paragraphe par une série d’insultes pour parler de ce grossier personnage. Mais pourquoi tant de haine? (J’adore écrire parce que je m’auto-psychanalyse en même temps.) Oui pourquoi ce ressentiment? Peut-être ou même sûrement parce que je lui, je m’en veux de m’être un peu faite avoir.

Les filles, prenez note.

Et les garçons, vous ne sortez pas d’ici sans m’avoir expliqué pourquoi vous mentez comme ça!

Un jour, je reçois un message d’un jeune homme au profil plus qu’intriguant. Brooklynite d’origine anglaise, footballeur et acrobate, il utilise des mots que 75% des Américains ne comprendraient pas.

Un garçon charmant, 1m80, bac+5. Un petit caramel ambulant.

Il utilisait des phrases assez courtes, le genre qui vont droit au but. Il m’a dit dans son premier message qu’on devrait être amis, que j’étais « son genre de personnes ».

On a échangé quelques messages, et puis finalement quelques sms. Ses sms étaient encore plus bizarres que ses mails. Je devais chercher 1 mot sur 2 dans le dictionnaire et malgré ça, je n’étais toujours pas complètement sûre de tout comprendre. J’avais l’impression que Shakespeare m’envoyait des sms et j’aimais bien ça. Un verbe bien manié et des muscles saillants… il n’en faut pas plus pour attirer mon attention. Ah ah non, je plaisante…. pas…, en fait! Ahah.

Ma copine de passage et moi l’avons alors surnommé « Le suppo’ de la Reine ». Bah ouais, parce qu’il me soûlait un peu parfois. Il mettait longtemps à répondre à mes sms certains jours.

Un jour, il m’a proposé de se rencontrer. J’acceptais, bien évidemment. J’suis good to go moi. Allez hop hop hop. On discute, on se rencontre. La vie est trop courte. Je pourrais vous sortir deux ou trois autres phrases toutes faites bien pourries mais vous avez déjà compris mon état d’esprit et pourquoi j’ai accepté de le voir.

Il m’a donné rendez-vous dans un coffee shop de Brooklyn, entre Bed Stuy et Clinton Hill.
Pour tout vous dire, je me trouve à l’instant même dans ce coffee shop et c’est la première fois que j’y reviens depuis cette rencontre début janvier. Je suis même assise exactement à la même table, sur la même chaise. Je l’imagine entrer dans le coffee shop et me voir assise là, il me prendrait pour une folle. La fille qui attend son amour perdu à l’endroit même où ils se sont rencontrés! Ahahah. Il y a plein d’histoires de dames blanches ou de mami wata (pour les plus exotiques d’entre nous) qui commencent comme ça.

Bon, euh, sinon, je tiens quand même à préciser que le mot « amour » était utilisé dans le contexte de la comparaison. Je suis pas amoureuse, j’aime pas moi. Je tombe pas amoureuse (mais siii, je vous jure). Jamais.

J’étais arrivée la première. Il avait du retard et ne cessait de m’envoyer des sms pour s’en excuser. J’ai attendu longtemps, très longtemps. Il n’est jamais venu.

Non, je plaisante. Il est venu avec peut-être 40 minutes de retard! Mais qui fait ce genre de choses? Qui arrive avec 40 minutes de retard à un premier rencard?! Moi, toi, vous, oui toi là.

Qui attend un inconnu qui a 40 minutes de retard à un premier rencard?! Moi, quand l’inconnu a de beaux muscles et qu’il manie bien le verbe. Oh ça va hein… J’en connais qui attendraient plus longtemps pour bien moins. Ah ah ah.

Je m’occupais comme je pouvais en l’attendant, buvant mon chocolat chaud trop sucré (comme tout ici en Amérique) et pianotant sur mon téléphone. Twitter, mon fidèle ami dans les moments de malaise ou de solitude…

Et d’un coup, l’apparition du Suppo de la Reine! Beau! Rooooh! Beau! Roooooooh. Lumineux. Muscléééééé. Et une balle de foot sous le bras.. ^_-

Il s’est assis, s’est excusé. J’ai souris, bêtement. On s’est observés. Je crois qu’on s’est plus. J’avais lâché mes cheveux, mes boucles obstruaient ma vue. J’ai retiré mon rideau de cheveux. Il était vraiment beau.

On a discuté. Il m’a fait rire. Il n’a rien commandé à boire ou manger. Radin? Ou pas faim?

Il m’a dit qu’il avait un truc pour les femmes noires françaises, qu’il en avait « date » plusieurs lorsqu’il vivait en Angleterre. Il m’a dit qu’il était originaire d’une ville non loin de Manchester. Je ne me souviens pas trop du nom de cet endroit, moi je voulais plutôt voir la carte de ses muscles et me balader entre ses abdos. Aaaaahhh j’ai dit ça moi?! Parfois mes doigts tapent plus vite que je ne pense. Non, en fait, il y avait du bruit dans le coffee shop et je n’ai pas bien entendu…

Il m’a dit qu’il préférait être entouré de Noirs et qu’il trouvait les Américains blancs d’un ennui mortel.

Bon, c’est là qu’on aborde un sujet délicat et que je perds tous mes amis blancs! Ahahah.

Je dois dire que j’étais plutôt d’accord avec lui. Les Blancs, ici, en Amérique sont différents des Blancs en Europe. Je vous jure. J’ai l’impression qu’il y a comme un mur entre eux et le reste. Je fais partie du reste et même du reste du reste, puisque je me trouve et je suis différente même du reste.

Pour en revenir aux Blancs, j’ai l’impression d’être invisible à leurs yeux. J’ai bien peur de ne pas pouvoir me faire des amis parmi eux ici, alors qu’à Paris, ça n’a jamais été un problème, ma couleur de peau ou celle des autres ne m’a jamais empêchée d’aller vers eux.

Mais voilà, on est en Amérique et la « race » est une donnée malheureusement très importante dans les relations entre les gens.

Fermons cette parenthèse et revenons en à nos poissons. D’ailleurs, avec du recul je dirais que Le Suppo’ de la Reine était une sacrée belle anguille. Je ne l’avais pas vu se faufiler entre la roche.

Il a pris mes mains qui étaient posées sur la table. Les a tripotées, les pétries, les a sniffées (je vous jure), sniffées fooooort, les a touchées, regardées. Puis il s’est attaqué à mes avants-bras. Je sais que j’ai des doigts potelés mais quand même. Aussi bizarre que ça ne paraisse, je n’ai pas trouvé ça déplacé. Il était délicat, respectueux, à ce moment précis. Il m’a dit qu’il s’intéressait beaucoup au corps humain (ah ah ah ah) et qu’il pouvait savoir quel genre de personne j’étais rien qu’en regardant mes mains. Il a refusé de me donner ses conclusions. Pas cool haaan.

Mon bel Anglais qui ne tenait plus en place m’a proposé de partir à l’aventure dans New York, de quitter le coffee shop. J’ai accepté. On allait partir et il est resté assis sur sa chaise. Bah oui, le salopiot attendait que je me lève pour voir si j’avais un corps de déesse ou d’ogresse. Hum, je l’ai bien vu me reluquer. Vous vous croyez malins vous les mecs (rappelez vous que vous ne sortez pas d’ici, que vous ne cliquez pas la petite croix rouge en haut à droite de votre navigateur avant de m’expliquer pourquoi vous êtes bandits comme ça).

Et puis finalement, il s’est levé. Nous sommes sortis du coffee shop. Fallait bien que je revienne à égalité et que je reluque à mon tour. Bon déjà, il avait menti! « 1M80? t’as menti mec, t’as mentiiiii! » Je suis une grande fille moi, une grande fille qui aime les grands garçons. Avec une moustache, si possible.

Bon, il était toujours beau avec ses cheveux châtains et frisés en petit afro mais il y a un truc qui me gênait avec son corps bizarre de footballeur. Déjà, il avait de grandes jambes par rapport à son corps. Je vous rappelle qu’il n’était pas bien grand, peut-être 1m76. Et le truc qui m’intriguait c’est que ses fesses étaient trop hautes. Elles arrivaient trop tôt dans le bas de son dos. C’est quoi ces méchantes fesses qui n’ont pas voulu laisser le dos se développer normalement?

Lorsqu’il s’est mis à jouer dans la rue avec sa balle de football et à jongler, je me suis demandée si je n’allais pas écourter toute cette folie et partir. Le voir jouer avec sa balle dans la rue était aussi énervant que de voir des petits danseurs de hip hop faire du pop ou des tétris sur le quai du métro à Châtelet-Les-Halles… Mais si, vous en avez déjà vus!

Et puis, je me suis rappelé ce qu’un grand philosophe canadien du nom de Drake a dit :  « YOLO »… You Only Live Once (profond n’est-ce pas?).

Alors, bon je l’ai suivi. On a pris un bus. Il me parlait, je ne comprenais rien à cause de son accent. J’acquiesçais seulement. Grossière erreur. Là, les filles, prenez note. On n’acquiesce pas lorsqu’on n’a pas pigé même si le garçon est beau. On lui demande de répéter, 20 fois, 30 fois s’il le faut, quitte à passer pour une idiote. Votre futur vous en sera reconnaissant, croyez-moi.

On est descendus a un arrêt et il m’a dit qu’on allait chez Trader Joe’s. C’est un supermarché de produits bios. Il m’a dit en riant « Oh oh oh, tu ne diras à personne que je t’ai emmenée chez Trader Joe’s à notre premier rencard hein? Oh ah oh ah! ». Devant le rayon des produits frais, il s’est arrêté, m’a regardée et m’a dit qu’il aimait la couleur de mes cheveux.

Après, on est allés faire un saut chez Barnes and Nobles, chaine de grandes librairies où les cainris vont s’asseoir par terre et lire des livres sans les acheter, un peu comme la Fnac de la rue de Rennes à Paris. Il m’a fait prendre en photo un passage d’un livre avec mon téléphone et l’envoyer sur sa boîte mail. Je le trouvais de plus en plus bizarre ce jeune homme.

On s’est ensuite rendus dans une pizzeria. Au fur et à mesure, je me rendais compte que ce qu’il m’avait proposé dans le bus et que je n’avais pas compris c’était d’aller chez lui. Bon, je nageais toujours dans ma connerie de YOLO et je ne me suis pas opposée au changement de programme.

En attendant notre pizza, nous nous sommes assis à une table et puis rebelote, re-malaxage de mes mains, sniffage. Je crois qu’il les aimait bien. On a pris notre pizza et on s’est dirigés vers le métro pour prendre la ligne G.

Sur le quai du métro, il a repris mes mains, senti mes avants-bras et m’a dit « Je ne peux pas supporter l’odeur des femmes de plus de 31 ans ». Il s’est approché de mon cou. Il a aimé mon parfum. Il a aimé Chloé. Il m’a demandé si j’aimais le sien. J’ai menti et j’ai dit oui.

Le métro est arrivé et nous sommes montez. Le voilà le petit moment de malaise. J’étais avec un inconnu au milieu de plein d’autres inconnus. Je ne me sentais pas à ma place, je me sentais grande du haut de mes 1m73 et de mes talons de 5 cm.

Et puis, et puis, et puis, j’ai senti un index venir cogner l’arrière de mon crâne!

Non!

Le Suppo’ de la Reine avait osé plongé son index dans ma touffe de boucles et quand je me suis retournée vers lui, il a fait comme si de rien était. C’était tellement irréel que je n’ai pas réagi. J’ai juste froncé les sourcils l’air de dire « what daa fuck?! ». Je pense qu’il voulait voir si j’avais des faux cheveux. Depuis, je cache des pièges à rat dans ma touffe.

Et puis, on est arrivés dans son quartier, Bedford Stuyvesant. Il faut que je vous explique que certains coins de Bed Stuy sont considérés comme « chauds ». Moi, j’adore Bed Stuy, son énergie, ses habitants.

Sur le chemin, il m’a demandé si j’étais sans papier! O_O

La nuit était tombée depuis bien longtemps et la lune nous observait. Le Suppo’ disait que j’appartenais à Brooklyn, que j’avais le look. Il m’a dit qu’il me décernait un certificat officiel de brooklynite.

Le gars était soit trop connecté à la nature soit trop déconnecté du monde parce qu’il s’est mis à parler à la Lune. « Lune, tu veux bien qu’elle vienne vivre à Brooklyn? Regarde, elle est sympa, elle est jolie, elle veut vivre à Brooklyn. ». Bon, c’était marrant mais… qui fait ça à un premier rencard?!

Et vous, vous vous dites que j’étais endormie!!  Et que j’étais folle de le suivre. Oui peut-être.

On est arrivés chez lui. Il a ouvert la porte d’entrée. Elle donnait directement sur une petite pièce, la cuisine. Il m’a dit « Voilà, c’est ici que j’habite et je dors sur la table. ». Je l’ai cru et je commençais à vouloir faire comme si de rien n’était, garder une expression la plus neutre possible quand il m’a dit qu’il plaisantait. Une autre porte sur la droite donnait sur son petit salon, puis une autre sur sa chambre.

Je me suis installée dans son petit canapé noir pendant qu’il me préparait un « Bailey’s bio » avec les ingrédients achetés chez Trader Joe’s et qu’il réchauffait la pizza. Son Bailey’s bio était absolument dégueulasse mais j’ai reçu une bonne éducation alors par politesse j’ai tout bu et je l’ai complimenté. Oui, les filles mentent aussi… ah ah ah. Nous avons mangé. La pizza était quelconque. Il mangeait la bouche ouverte, j’ai eu envie de taper sa bouche. Malpwope!

On a discuté longtemps, des heures. Il m’a dit que son père était marocain et sa mère jamaïcaine.

Il m’a expliqué qu’il était acrobate footballeur et qu’il comptait participer à des compétitions jusqu’à ses 30 ans puis se diriger vers la finance, domaine qu’il a étudié. Ah d’ailleurs, il a 27 ans.

Il m’a présentée à son Buddha de 400 ans. Il s’est mis à lui parler et lui demander ce qu’il pensait de moi. Je ne sais pas ce que son Buddha lui a répondu mais il a hoché la tête. Je pense que le Buddha m’aimait bien.

Il a branché son iPod qui a mon grand désespoir était plein de chansons des Nubians. Quel calvaire. Finalement, il a zappé tout ça et j’ai eu droit à « Garota de Ipanema », un bon point pour lui.

Je lui ai demandé s’il avait du Leon Ware dans son iPod. Il a buggé et a empoigné le col de mon pull, a collé son front contre le mien et m’a dit « Tu te rends compte de ce que tu viens de me demander?!! Waow, quelle question! Quelle question! C’est génial! Waow ». Et puis il a décollé son front du mien. Ah aha ahah vraiment fou. Il était surpris que je connaisse Leon Ware, un bon point pour moi!

Il m’a fait un tas de compliments. Il m’a dit que j’étais « inhabituelle ». J’ai bien aimé ce compliment là. Et puis, il a repris mes mains, les a encore tripotées, sniffées et puis mordillées!

Il a posé sa main sur mon pied gauche. Et là, c’est le drame. Comprenez que l’appart’ où je vivais à l’époque était surchauffé, j’avais laissé mes chaussons à Paris, j’avais parfois la flemme de passer de la crème plus bas que mes chevilles, je n’avais pas l’intention de rencontrer qui que ce soit et que ce qui que ce soit ne touche mes pieds. En gros, j’avais les pieds bien bien secs. Les pieds croustillants même.

Et puis, il a voulu enlever ma chaussette. Ma chaussette, elle, n’était pas du même avis. Ma fidèle chaussette a voulu me sauver de la honte, alors elle s’est accrochée à mon pied croustillant. Mais, le Suppo’ a gagné la bataille face à elle. Mes pieds secs ne semblaient pas le gêné puisqu’il frottait sa douce main sur mon talon, mes orteils. Quel cauchemar! Ah ah ah.

Il était si beau. Il avait su me mettre en confiance avec toutes ses belles paroles. J’étais en position de faiblesse. Il était si beau, si proche et ses yeux essayaient de me faire passer des messages pas très catholiques. Il était temps de partir!!!

Le Suppo’ voulait qu’on se revoie à la fin de la semaine. Il m’a dit de venir le samedi soir et de l’appeler lorsque je serais à sa station de métro.

Le samedi après-midi, je lui ai envoyé un sms pour re-confirmation. Sa réponse s’est faite attendre très longtemps. Trop longtemps. Je l’aimais bien et j’avais vraiment envie de le revoir. Une torture. La solitude vous fait vous accrocher si vite au premier venu, à la moindre attention amicale.

Le Suppo’ n’a refait surface que 3 semaines plus tard, avec des excuses plus bidons les unes que les autres.

Moi qui me faisais du souci. Je m’étais imaginée les pires scénarios. Des bandits de Bed Stuy auraient pu le tuer…

J’ai accepté ses excuses bidons, je l’ai revu une fois. La dernière. Le Suppo’ n’avait plus rien d’intéressant à mes yeux. On ne serait jamais amis. Mon intuition féminine qui hibernait avait déclenché l’alerte mytho.

Nous ne nous sommes plus donnés de nouvelles. Je ne regrette rien. De toute façon, je n’aime pas les petits dos et les fesses trop hautes. J’avais vu ses mains et elles étaient petites. Ah ah ah ah. Il faisait des séances d’UV, d’où le teint caramel et lumineux (tricheur) et puis je n’aime pas les menteurs, les beaux-parleurs. Retourne donc sous ta roche anguille qui pue.

J’ai même fait mes petites recherches sur Google (ouais, je suis plutôt comme ça, woups) et je n’ai rien trouvé sur lui et ses prétendues compétitions de foot acrobatique.

Voilà, je ne comprends pas pourquoi certaines personnes ressentent le besoin de mentir, de vous couvrir de compliments quand vous ne leur demandez rien et qu’ils pourraient simplement être sincères, eux-mêmes pour obtenir ce qu’ils veulent de vous.

Et puis franchement, je vous l’ai dit, j’ai laissé mon coeur et mes sentiments à Paris. Ils sont bien au chaud dans ma chambre à Place d’Italie.

Certaines attendent le Prince charmant et espère le voir au loin sur le chemin. Moi, je l’ai croisé mais il m’a éjectée de son cheval blanc ou c’est peut-être moi qui l’ai largué au bord de la route. Je ne sais pas trop à vrai dire.

D’autre part, j’ai des amis absolument géniaux et irremplaçables, et je ne ressens (malheureusement?) pas le besoin de m’en faire d’autres ici.

Ah ha ha bon, euh, tout ça c’était vrai jusqu’au jour où j’ai croisé la route de… ❤

La suite bientôt.

 

.Brooklynister

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