Boyz, Boyz, Boyz : Tonton du Bled

Je vous ai menti.

Oui, je me suis même mentie.

Je nous ai menti quand j’ai dit que j’avais laissé mon coeur à Paris…

En fait, mon coeur est plutôt du genre indépendant et têtu. Il m’écoute rarement, il voyage tout seul, il part, revient sans jamais prévenir. Il a des attaches aux quatre coins du monde.

Je lui interdis de se laisser embobiner par les inconnus dans la rue, d’accepter les sucettes et autres douceurs qu ‘on lui tend, qu’on lui propose.

Parfois, il décide de s’accrocher à des gens malveillants, se lance dans des projets compliqués. Souvent, ça finit mal. Alors, il revient tout penaud et je le console. Je lui promets de ne plus jamais lâcher sa main, qu’à deux on se fera pas ou moins avoir. Et puis un jour, on rencontra quelqu’un qui saura nous mettre d’accord tous les deux et ce jour…

Il y a trois mois, une copine était de passage pour me rendre visite. J’avais attendu son arrivée avec impatience. Je tenais absolument à l’emmener dans un bar brésilien à Brooklyn où j’étais allée une fois. Tous les soirs, un dj est aux platines et passe de la musique qu’on appelle « du monde »… brésilienne, latina, afro beats, house dance… Tout ce que j’aime.

La petite piste de danse du bar se remplit d’étrangers qui dansent sans jamais s’arrêter. La première fois que j’y suis allée, je n’ai cessé de danser. Ce soir là, il y avait un joueur de percussions. Ayiii.

J’appréciais tellement l’ambiance que j’ai même accepté de danser avec un petit latino d’1m45.

La nuit où j’ai amené ma copine de passage, l’ambiance était au rendez-vous. On n’était pas particulièrement apprêtées mais on a fait un malheur auprès de ces messieurs. Ça en devenait du harcèlement. Et puis, il y avait encore un percussionniste, différent de la première fois.

Le signal de mon radar à beaux-gosses m’indiquait qu’il y avait de l’activité intéressante derrière les deux gros tam tam posés au milieu de la salle tout près de l’estrade du dj… Je regardais discrètement… Je voulais voir le visage qui se cachait derrière le béret du percussionniste.

Il faut d’ailleurs que je vous explique que dans mon groupe d’amies, j’ai un guru en séduction. On l’appelle La Louve. She’s the female Hitch. J’ai essayé d’apprendre en la regardant faire, mais je vais toujours de flop en flop. Moi, je suis plutôt du genre à prendre la fuite devant une personne qui me plaît, à camoufler le moindre signe qui pourrait trahir mon intérêt pour quelqu’un.

Mais cette nuit là, la force de La Louve m’accompagnait. Tout s’est joué dans le regard. – C’est le moment où vous êtes censés prendre note.- Une fois que j’étais à peu près sûre que le percussionniste était une version pas trop cheap de Djimon Hounsou et qu’il faisait plus d’1m85, je me suis mise à le fixer (dit comme ça, ça fait un peu peur, oui, je le conçois) et détourner le regard avant qu’il ne m’attrape la main dans le sac… et pas au panier, encore heureuse! Ah ah!

Entre deux danseurs fous qui la harcelaient, ma copine qui était présente m’encourageait à aller le voir. Mais, il ne fallait pas trop m’en demander. Je suis née sauvage je vous dis.

Et puis, un jeune homme qui était là s’est rendu compte que nous parlions français. Il s’est approché, s’est présenté, on a discuté. Il était sympa mais bon, voilà quoi.

Ma copine et moi dansions quand ce jeune homme est revenu vers nous accompagné du…percussionniste, nous a présentés. Il parlait lui aussi français, d’origine ouest africaine. Il a serré ma main fermement, poliment et il est parti. Alors vraiment, il n’en avait rien à battre de nous.

J’avais le seum. “Bon bah… Bah casse-toi Djimon Hounsou du bled! Tu rates une Kimora puissance 1000! Allez, casse-toi.”

La soirée continuait, les heures passaient. Et malgré tout, je continuais de regarder le beau percussionniste à la peau ébène. Je me suis assise pas très loin de lui (et c’était tout à fait innocent! Oui, oui!), il n’y avait de la place qu’à cet endroit. J’étais pendue à mon téléphone. Je twittais. (Suis-moi).

Et puis, Djimon Hounsou du bled a fait une petite phase de beau-gosse avec son tam tam. Il a fait tiguidi boum bam bam boum – tiguidi boum bam et le boum en posant sa main sur la mienne. Ayiiii. Trop forte! J’ai fait la surprise, j’ai continué de faire la timide (que je suis véritablement).

La soirée touchait à sa fin et tonton du bled ne tambourinait plus. Il s’est levé et est allé danser dans un coin. Et moi, j’étais aussi dans « mon coin » au milieu de la petite piste dans mon débardeur noire et mes leggings spandex, perchée sur mes talons achetés en soldes chez Urban Outfitters.

Tonton Djimon du bled s’est avancé vers moi, et puis il a dit « Bon, on va pousser ça » en déplaçant un de ses tam tam (est-ce qu’un des tam tam est un tam?). Il est venu. On a dansé. Je ne me souviens même plus de ce qu’on s’est dit. La seule chose dont je me souviens c’est que je n’avais jamais eu un cavalier aussi bon. Tonton du bled Hounsou faisait des phases de popping avec sa jambe gauche en rythme avec la musique! Ah je vous dis ça, c’est génial! Ahahahah.

Il est parti en me disant « Appelle-moi ». J’ai acquiescé. Il a ajouté « Tu m’appelles demain ? ». Je me suis dit qu’il était motivée le djo!

.Brooklynister

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