Doris a croqué la Pomme!

C’est fou ce que l’on peut faire dire à une personne sous la menace d’un couteau…

Salut à vous.

Non, ce n’est pas votre petite blogueuse préférée qui se cache derrière ces mots, mais une de ses amies. Je n’en pouvais plus d’attendre son prochain article. Je la harcelais constamment (par sms, mail, facebook, twitter, fax, télépathie…). Un jour, sous la pression, elle m’a avoué qu’elle manquait d’inspiration, alors je me suis proposée de la remplacer (uniquement le temps d’un épisode, rassurez-vous).

Ça tombait plutôt bien; j’ai eu la chance de passer deux semaines de l’autre côté de l’atlantique auprès d’elle, de dormir dans son lit, de me doucher dans sa salle de bain, d’utiliser ses toilettes (je suis fan que voulez-vous…). J’avais donc assez de cartes en main pour raconter un bout de son aventure.

Je dois vous faire une confidence : j’adore Miss L (c’est ainsi que nous dénommerons notre blogueuse masquée).  J’ai toujours eu besoin de ressentir de l’admiration pour m’attacher aux autres. Et croyez-moi, il est difficile de ne pas admirer ce petit bout de femme. Elle regorge de qualités, elle est drôle, aventurière, douce, bienveillante, pragmatique, et elle cuisine mieux que Cyril Lignac (j’vi jure, si la virité). MAIS, elle a un ENORME défaut : le manque de ponctualité.

Illustration ? Après 7 heures de vol très inconfortable (mon voisin, en bon Américain qu’il était -fan de steaks aux hormones-, occupait la moitié de mon siège), j’ai attendu madame à l’aéroport durant 2 HEURES!! 2 HEURES EN MAJUSCULES!!

Je sentais mauvais, j’étais fatiguée, j’avais envie de tuer quelqu’un. Et pour couronner le tout, une grand-mère me faisait la conversation. Je répondais avec le sourire (ou pas), mais je dois avouer que j’ai glissé un : ‘il est temps de la boucler mamie nova’ entre deux ‘yes, thank you’ , ‘of course’…ça va hein! Elle n’a pas compris, je l’ai dit en français.

Au bout de 2 HEURES EN MAJUSCULES, Miss L est arrivée. Elle avait l’air heureuse de me voir. Elle semblait également épuisée. Son visage était marqué, comme si la vie lui avait mis un énorme coup de poing.

Je regardais jalousement ses bouclettes magnifiques.  Et parfois, mes yeux se perdaient dans les siens. Là, je pouvais aisément palper  tous les combats qu’elle avait menés, les blessures, le courage… Son histoire je la connaissais, mais son regard me la racontait avec beaucoup plus d’intensité que ses mails. Et mon cœur se pinçait.

Miss L souriait pourtant, elle me montrait fièrement sa nouvelle ville d’adoption. J’essayais de l’écouter, mais je dois avouer que je n’étais pas attentive. J’étais trop occupée à regarder autour de moi. Et je me répétais : ‘Mais où sont-ils? 600EUR le billet, bordel… OÙ SONT-ILS? Où sont ces ricains aux muscles saillants, à la peau douce, aux cheveux gominés? Où sont ces ricains des clips???? MTV Base m’aurait-elle menti ?

Nous sommes arrivées chez elle. Petit studio assez confortable et rempli d’instruments de musique. Miss L m’avait préparé un pack de survie avec  des bonbons, des chaussons et un téléphone (très mignon comme attention).

Je lui avais moi aussi  apporté un French pack, remplis de sucreries qu’elle m’avait commandées. J’avais juste commis un petit fail. Les carambars caramel dont elle rêvait…je les avais pris aux fruits. Elle est tellement mignonne qu’elle n’a rien dit, je ne sais même plus comment j’ai découvert l’affront que je lui avais fait. De toute façon, 75% des carambars ont atterri dans mon ventre…

Au fait, vous ai-je dit les raisons de mon voyage à New-York? Il y avait MTV base (évidemment), Miss L, mais aussi mon oncle. Il vit à New-York depuis 12 ans. Plus jeune, il était mannequin, aujourd’hui, il travaille dans un sublime bar situé à Canal Street, bar qui est d’ailleurs devenu notre QG. Je dois avouer que je n’y allais pour l’ambiance (bobo, cosy, prout-prout). Ma principale motivation était le wonderfullissime, gorgeoussissime, magnificotissime physionomiste du bar.

Miss L et moi avions notre petit rituel. À deux rues de l’hôtel-bar, se trouvait une pseudo pizzeria tenue par deux mexicains : Johnny et Tony. Miss L adorait la ‘white pizza’ qu’ils proposaient alors à chaque fois que nous passions devant, nous nous arrêtions pour remplir nos petits ventres ronds. Tony et Johnny s’étaient pris d’affection pour nous à force de nous voir. Ils nous offraient des pizzas et des canettes (d’eau… le fail pour moi qui adore les sodas).

Un soir, la pizzeria était remplie, nous attendions sagement notre tour dans la file. En musique de fond, il y avait une petite salsa entrainante. Miss L et moi avons fait quelques pas de danse en riant. Puis, en deux temps trois mouvements, la pizzeria s’est transformée en véritable dancefloor. TOUT LE MONDE dansait. C’était incroyable. Un homme d’une cinquantaine d’années (mexicain, ou chilien…je ne sais plus) s’est approché de nous. Il a dit à Miss L qu’il me trouvait belle. Cette petite idiote lui a répondu que j’étais célibataire. Elle a ajouté que j’étais une fille extraordinaire mais que je ne savais pas cuisiner. Et, elle a conclu en disant : ‘ bon je vous laisse, je vais chercher ma pizza, je pense qu’il se passe quelque chose entre vous, laissons la magie opérer’. L’homme m’a fait une démonstration de salsa. Il a cassé son corps, fait la vague, puis la coupole, il a enchainé avec un grand écart (ok, j’exagère un peu), mais je vous promets qu’il a tout donné. Il m’a même dit : ‘je sais cuisiner, on sera heureux’. J’ai éclaté de rire…La petite dame qui faisait la queue juste devant nous m’a attrapé le bras et m’a dit un truc incompréhensible. Je suis mauvaise en anglais et il lui manquait 5 ou 6 dents, ça ne facilitait pas mon affaire. En fait, cette petite mexicaine m’expliquait qu’à deux pas d’ici il y avait une soirée salsa et elle m’y conviait. Mais pourquoi partir? On avait de la bonne musique, des pizzas délicieuses et puis, où étaient passées ses 6 dents? (dangereux sa soirée salsa?)

Quelques minutes plus tard, un américain d’une trentaine d’années, bourré a fait son entrée. Il a engagé la conversation avec Miss L. puis il a payé sa tournée de Pizza. On a ri, et ri, et ri. J’en garde un super souvenir. Impossible d’imaginer que ça puisse se produire ici, en France. Les Parisiens sont si froids… C’est ce que j’aime à New-York. La spontanéité, le contact facile, la richesse des rencontres.

Ce voyage m’a vraiment plu. J’ai été touchée par New-York, ses rues, et ses sourires. Miss L a essayé d’être hyper disponible pour moi. Elle se levait tôt pour aller travailler, et se couchait à pas d’heure pour me faire aimer New-York autant qu’elle.  Elle se battait comme une lionne pour se faire sa place dans la jungle New-Yorkaise,  mais elle trouvait toujours le temps d’être attentive à mes peurs, mes blessures (qui me semblaient ridicules à côté des siennes).  Elle effaçait ses peines, pour porter les miennes et me rendre légère. Je crois qu’on appelle ça l’amitié, la vraie.

Parfois, elle choisissait au hasard une guitare dans la foule d’instruments qui ornaient son studio, et elle jouait quelques accords… enfin, elle essayait, elle ne sait pas jouer. Mais, je dois avouer qu’elle était presque crédible malgré tout. Elle ressemblait à un grio (vite fait, mal fait quoi 😉 ) !

Je pourrais aussi vous raconter l’anecdote de la laverie et de son coup de cœur pour un métis asiat-cainri de 16 ans tout au plus (ne présentez jamais votre petit frère  à Miss L ).

Il y a également l’histoire de la petite Porto-ricaine de 5 ans qui tchipait comme une vraie maman de 45 piges, et qui m’attrapait constamment le bras pour me montrer la lettre E, gravée au-dessus de son siège dans le métro. Miss L parlait de malédiction,  elle s’amusait à imiter une voix enfantine et à me parler espagnol quand j’étais sous la douche. Hahaha, j’en ris toute seule.

Et puis, je pense à toutes ces fois où j’ai surpris Miss L en train de reluquer les fesses de mon oncle : ‘Il est beau ton tonton, dis donc, bien conservé’… euh… 😉

Autant vous dire que j’ai rempli mon cœur de rires et d’histoires folles. Et en rentrant à Paris, je me suis sentie extrêmement triste. Triste de ne plus m’endormir à côté de cette femme hors du commun. Triste de la laisser seule affronter New-York, même si je sais qu’elle est suffisamment forte pour mettre la Grosse Pomme à ses pieds.

Je profite de ces quelques mots pour la remercier. Et j’envie son côté aventurier. J’aimerais avoir le courage d’écouter mon cœur avec autant d’attention et de me battre avec la même hargne. Je serai toujours là pour elle.

Doris

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