Knock, Knock…?

J’ai un peu honte. Voilà plus de 4 mois que je ne vous ai plus donné de nouvelles. Prise dans le tourbillon de la ville, du travail, de la fatigue, de la routine aussi, le peu de temps libre qu’il me restait, je l’ai consacré à la flemme.

Je suis de retour avec 7 mois de vie à vous raconter.
Et si on faisait comme si on s’était quittés hier? On glisse le scroller de la page et puis on se retrouve une dizaine de centimètres plus bas?

« Alors, on est ensemble ou pas? »

J’étais là, assise en face de lui et ne savais pas quoi lui répondre. J’ai tellement rarement entendu cette question dans ma vie, je l’ai souvent esperée aussi. Et voila, que lui, Tonton du Bled me la posait.

Face à mon silence, il a dit “Ah, il faut me dire hein, parce que sinon moi…”.

“Parce que sinon quoi? Qu’est ce que ça changerait? Tu t’en vas.”

Tonton du Bled rentrait dans son pays pour plusieurs mois, au moins trois. De mon côté, je galérais toujours dans mes recherches d’emploi. Je vivais dans le loft miteux de John et mes économies se faisaient de plus en plus maigres. Être en couple était vraiment le dernier de mes soucis, et de mes projets… J’étais surprise par sa question mais en même temps, il ne cessait de me dire “I love you” depuis le premier jour où l’on s’était revus.

Alors il a repondu “Sinon, je ferai en sorte de ne plus penser à toi. Et si on est ensemble, je penserai à toi, je te serai fidèle.”

J’étais un peu choquée. La petite capricieuse en moi voulait qu’il pense à elle, tout le temps, rien qu’à elle et qu’il lui soit deja fidèle sans qu’elle n’ait besoin de répondre positivement à sa question.

De toute façon, je n’étais pas sûre de vouloir de tout ça. Si je me mettais en couple avec lui, je ne serais plus disponible lorsque je croiserais un jour J. Cole et qu’il me demanderait de le suivre dans sa tournée autour du monde. Je ne serais plus disponible pour tous ces vieux dossiers laissés derrière moi en France mais qui hantaient encore l’étagère Sentiments de mon cerveau. Avec tous les beaux-gosses de Brooklyn, est-ce que je voulais lui être fidèle? Et puis, et puis, et puis, Tonton du Bled avait quand même 10 ans de plus que moi, une certaine expérience, un passé, une histoire, trop d’expérience, trop d’histoires. Tonton du Bled était toujours amis avec ses exes. Tonton du Bled partait au bled. Tonton du Bled était un blédard. Un inconnu. Un… un mec que j’aimais bien.

Alors, j’ai répondu “Oui, okay, on est ensemble”.

Je pense qu’il a souri et que nous avons parlé de fidélité après, de polygamie, d’abstinence. Tout un programme.

On se voyait de temps en temps. Le loft de John où je vivais se trouvait à seulement une station de métro de chez lui. Ce loft si sale et si froid où je me sentais mal à l’aise et où je n’osais même pas aller aux toilettes de peur de choper le chikungunya, me poussait à passer mes journées à l’extérieur. Je me réfugiais souvent chez Tonton du Bled qui devenait pour moi une figure familière.

Et puis, le moment où Tonton du Bled devait s’envoler pour son pays est arrivé. Il se faisait du souci pour moi et surtout au sujet des conditions dans lesquelles je vivais au loft.

Alors, il m’a proposé de reprendre son petit studio de Bed Stuy pendant son absence. Son proprio était okay et je venais enfin de trouver du travail. Je pourrais donc aisément me permettre de le sous-louer.

J’ai commencé à travailler la veille de son départ. Nous devions nous voir le soir-même afin que je lui remette le loyer du mois qui commençait et qu’il me donne ses clés. Je l’ai appelé depuis le loft, il m’a dit qu’il était chez lui avec un ami et son ex qui l’aidaient à empaqueter de la marchandise qu’il emmenait au bled. Son ex. J’ai vu rouge. Jalouse, moi?

Je lui ai sèchement proposé de me rejoindre à sa station de métro pour procéder à l’échange. J’avais pris mon plus bel air de boudeuse pour aller à sa rencontre. Je lui ai remis le loyer. Il m’a donné les clés. Il a voulu qu’on parle, qu’on marche un peu. Il m’a demandé d’arrêter de bouder. Il a dit que je tirais ma bouche jusqu’au Togo. Et il a voulu me rassurer et m’a dit “Mais c’est toi que j’aime”. On a ri.

On s’est dit au revoir. Il a promis d’essayer de passer me voir pendant ma pause déjeuner avant de partir à l’aéroport le lendemain. Je n’y ai pas cru mais j’espérais quand même.

J’ai sauté dans un taxi et je lui ai dit au revoir. Le taxi a démarré et la silhouette de Tonton du Bled s’est faite de plus en plus petite, de plus en plus floue.

Je venais de remettre une grosse somme d’argent à un parfait inconnu qui était maintenant mon petit-ami, que je ne connaissais que depuis un peu plus d’un mois et qui me manquait déjà cruellement.

J’allais me retrouver de nouveau seule, vulnérable et en plus du manque que je ressentais pour ma famille, mes amis, Paris… lui aussi allait me manquer.

Le lendemain, deuxième journée de travail. J’étais stressée, vulnérable, triste, perdue. Je n’ai pas réussi à joindre Tonton du Bled. Il avait bien tenté de m’appeler mais je n’avais pas pu répondre étant au travail, dans un open space. Lorsque j’ai voulu retourner son appel, il n’a pas décroché. J’ai appelé, appelé, appelé, il n’a pas décroché.

Avait-il remis le loyer à son proprio. Celui-ci m’empêcherait-il d’entrer dans l’appartement?

J’ai continué d’appeler et un homme m’a répondu. C’était tout sauf la voix de Tonton du Bled. Il m’a expliqué qu’il avait oublié son téléphone dans son magasin, qu’ils se connaissaient.

Après le travail, je n’avais plus d’espoir de le voir avant son départ. Je quittai le loft de John en catastrophe pour m’installer chez lui.

Il me manquait. Je me rendais compte qu’en moins de deux mois je m’étais attachée fortement à lui. Les circonstances me direz-vous…

Je me suis donc rendue chez lui, en face du brownstone où il vivait, j’ai croisé son proprio un homme Blanc d’une quarantaine d’années avec qui Tonton du Bled était en mauvais termes. Je le savais, il m’avait prévenue. Je trouvais que son visage portait un certain mélange de charme et de perversité. Je me suis présentée. Il m’a dit que Tonton du Bled l’avait prévenu que quelqu’un viendrait mais qu’il ne savait pas qui. Je lui ai demandé s’il lui avait remis le loyer, il me dit que non. Et là, mon cœur fit un bond. Je n’avais plus un sous. Si Tonton du bled était parti avec cet argent, je n’aurais rien pour payer le mois à venir. L’inquiétude s’emparait de moi.

Je suis entrée chez lui. Je me suis mise à chercher un moyen de contacter Tonton du Bled. Qu’allais-je faire?

En attendant, je prenais mes marques dans ce petit studio/chambre. La salle de bains était partagée avec un voisin sur le même palier, la cuisine également.

J’étais inquiète. Et tout dans son studio me rappelait son absence. Je n’avais jamais été là sans lui. Son odeur était partout, ses instruments, ses vêtements.. tout. J’étais dans son intimité, et je ne pouvais pas y échapper.

Rien ne pouvait me changer les idées. Tonton du Bled n’avait pas d’internet, pas de télévision, même pas une radio… j’avais pour seul divertissement un lecteur de 33 tours et quelques vieux disques de Nina Simone ou Billie Holiday…

Je me suis couchée dans ses draps, et toute la nuit, je n’ai rêvé que de lui.

Le lendemain soir, quelqu’un toqua à la porte. Pensant que c’était le propriétaire, j’ai ouvert la porte. Je me suis trouvée en face d’un beau jeune homme, la vingtaine, pas plus âgé que moi. Il avait un beau teint brun, il était charmant mais avait un regard sombre et inquiétant.

L’air très sérieux, il m’a dit qu’il était un ami de Tonton du Bled et qu’il voulait juste savoir qui était là, que le propriétaire également lui avait demandé de vérifier. Étrange puisque j’avais croisé le proprio et que je m’étais présentée.

J’ai tout de suite eu le pressentiment qu’il était porteur de problèmes.

Oui, voilà, c’était le début des embrouilles…

.Brooklynister

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4 thoughts on “Knock, Knock…?

  1. toc toc là, bonjour, oui toi chère blogueuse, est ce que tu peux juste nous tenir au courant, et nous dire si on aura une suite ou pas, histoire que j’arrête de venir squatter ce blog pour rien et que je l’enlève de mes favoris?? lol 🙂 des bisousss

    • Ah la la la… Bien sur qu’il y a une suite. Une longue suite… je profite de ton petit coup de pression et de mes 10 prochains jours de vacances pour me remettre en selle. Bisous

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