Un Début

Recap.: Après presque un an et demi d’une relation tumultueuse avec Tonton du Bled, je retrouve les joies du célibat. Qui plus est, la vie de célibataire dans une des villes les plus passionnantes au monde, New York City!

L’un des avantages de la vie à New York est de pouvoir voyager et découvrir des destinations qui ne m’étaient pas forcément accessibles financièrement depuis la France. L’année suivant mon arrivée ici, je décidai d’aller passer un long week-end à Miami en Floride avec une copine. Le billet et l’hébergement ne nous coûtaient pas grand chose. Quitter le froid du mois de décembre à New York pour les températures tropicales de Miami n’avait pas de prix!

Bien que je sois une mordue d’art contemporain, c’est par hasard que nous avions choisi la première semaine de décembre qui correspondait à celle d’Art Basel, la foire internationale d’art contemporain qui se tient annuellement à Miami.

Mon amie et moi n’avions pas prévu de prendre part aux festivités d’Art Basel mais plutôt de profiter du farniente. C’est vers la fin de notre séjour qu’une autre amie et artiste, ou plutôt une connaissance de Brooklyn, me contacta en me demandant si j’étais aussi à Miami comme elle. Elle avait certainement vu des photos que j’avais partagées sur les réseaux sociaux. Elle me demanda si elle pouvait passer rapidement à notre hôtel. Cette demande ne m’etonna pas, je la mis sur le compte de cette sociabilité excessive à la new yorkaise. Une demi-heure plus tard, elle était dans notre chambre. Elle portait un long kaftan en voile transparent qui laissait percevoir son bikini et sa poitrine lourde ainsi que son petit short en jeans, un petit chapeau de paille posé négligemment sur sa tête et elle portait de grosses gaudasses montantes. Son excentricité m’avait toujours déroutée mais j’aimais bien. Elle avait un sachet avec elle dans lequel elle semblait transporter des effets de toilettes. Elle nous demanda si elle pouvait prendre une douche et proposa que nous allions ensemble visiter les galleries d’art après. Pourquoi prendre une douche dans notre chambre? C’était étrange, mais je me rejouissais d’aller visiter la foire et ne me posai pas trop de questions. S’il y a une chose que j’ai appris au sujet des relations sociales à New York, et tout particulièrement à Brooklyn, c’est que les gens veulent être vus, sont apparemment très sociables, veulent être entourés mais gardent les détails sur leur vie comme un trésor précieux, ou comme un secret monstrueux que personne ne doit découvrir. Du coup, beaucoup agissent de façon étrange. Donc, non, des questions, je ne m’en pose plus… mais de la méfiance, toujours un peu.

On sauta dans un taxi à l’entrée de notre hôtel à South Beach pour nous rendre dans le centre-ville. Il fallait avoir pré-réserver des entrées pour la plus grande des foire qu’elle voulait nous faire visiter. Elle avait une entrée et pas nous. Mais par un tour de passe-passe -elle est experte en la matière-, elle réussi à faire croire à la billeterie qu’elle était une des artistes dont le travail était exposé et que nous étions ses invités.

C’était déjà la fin de l’après-midi et les galleries allaient bientôt fermer leurs portes. Elle fit en sorte que nous nous dépêchions pour aller visiter une autre petite foire où une gallerie la représentait. Nous prîmes encore un taxi et nous retrouvâmes dans des bouchons interminables. La petite foire se trouvait dans Wynwood, un quartier de Miami, vitrine de la scène du street art internationale. Ses grands murs recouverts de graffitis sont impressionnants. Je vous conseille vivement de le visiter si vous avez la chance de visiter Miami un jour.

Les oeuvres exposées dans la petite foire étaient beaucoup plus excentriques que celles des grandes foires principales, plus institutionnelles. L’amie brooklynite nous montra ses oeuvres. Elle était tout le temps hilare, dans un état d’excitation inexplicable. Encore plus lorsqu’elle remarqua deux grosses jarres de sangria posées sur un bar. Elle en remplit une bouteille d’eau minérale vide. Cet alcool gratuit lui faisait vraiment, vraiment plaisir.

Il était temps de partir. Nous allions rejoindre un ami à elle,un artiste avec qui nous continuerions la visite de Wynwood. C’est en sortant de la foire installée sur un terrain vague entouré par des panneaux en bois recouverts de grafittis, que nous sommes tombés sur deux hommes que l’amie de brooklyn semblait bien connaître. L’un était petit et rond, un homme noir à la peau très claire et rougeâtre, recouverte de taches de rousseurs. Il avait un sourire carnassier mais l’air plutôt sympa. L’autre, un homme au teint très clair aussi était lui très grand. Il avait un regard et un sourire espiègles, l’air très sûr de lui. Il avait une apparence de bad boy, mais il dégageait beaucoup de bonté. Il semblait s’amuser comme un fou. L’amie de brooklyn lui proposa de la sangria. “Ils offrent de la sangria gratuite à l’intérieur” lui dit-elle. L’homme ne semblait pas être intéressé par cette information mais il accepta l’invitation à goûter la sangria de notre amie et bu une gorgée au goulot. Elle nous présenta rapidement à lui en precisant que nous venions aussi de New York, tout comme lui. Il nous montra le flyer d’un évènement qu’il organisait à Miami puis il demanda à nous prendre en photo. L’amie de Brooklyn me souffla à l’oreille “Ce mec est vraiment génial. L’histoire de sa vie est super intéressante, il revient de loin mais il fait des choses formidables. Il est journaliste.”. Elle n’avait nul besoin de me le dire, mes sens savaient déjà qu’il était spécial, unique. J’ai un radar-à-personnes-spéciales et il ne m’a jamais déçue! Je n’arrivais plus à décoller mon regard de lui.

Nous quittâmes ensuite les deux inconnus pour aller à la rencontre du pote de l’amie de Brooklyn. C’était un artiste venu d’Atlanta, il était très sympa. On passa la soirée avec lui à arpenter les rues de  Wynwood, vers de champagne en main, allant de gallerie en gallerie. L’amie de Brooklyn, elle, semblait préoccupée, presque de mauvaise humeur. Elle devait se rendre à la soirée d’un richissime collectionneur et voulait absolument prendre un vol retour vers New York juste après au petit matin. Elle et son pote d’Atlanta nous déposèrent  donc à notre hôtel et le pote proposa de passer un moment avec nous le lendemain.

Le lendemain, comme promis, il vint nous chercher pour nous emmener bruncher. Discuter avec lui était un vrai plaisir. Il était drôle et charmant. Nous passions un agréable moment, et pourtant mon esprit ne pouvait s’empêcher de vagabonder. Il ne cessait de rejouer la scène de la veille lorsque nous avions croisé le chemin de ce beau et grand homme au regard coquin. Mais pourquoi cet étranger ne voulait-il plus quitter mes pensées?

.Brooklynister

 

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